Les temps qui viennent


Les temps qui viennent 

Ne s’annoncent pas

Par majordome

Avec des cris de fierté

Ils ont fausse identité…

Les temps qui viennent

S’insinuent, eaux sous les seuils

Inondant à bas bruits

De leurs courants nuisibles

Les salons insouciants

Les temps qui viennent

De lumière sombre

Dans des demi-teintes

De jeux dissimulés

Ne vont pas reculer

Ils avancent tapis

Circulent camouflés

Sous prétexte de sécurité

Pour rassurer, « fleuris »

Les autochtones vexés

Perdus dans la modernité

Voraces avaleurs de gains :

D’hommes et de leurs données

L’IA se donne les moyens

De tous nous amadouer

Par leurs opacités enfouies

Leurs clartés sont toutes brouillées

Prêtes à devenir meurtrières

Dans des lois qui jouent

Avec le plus fou des flous

Les psychorigides

En première ligne

Des partis à empeser

Les aises de la liberté

Le linge sale sert d’alibi

Avec leur arme favorite

La légale sévérité

Pour blanchir par magie

Ce jeu de dupe fait pour briguer

Caméra

Œil aveugle et sans paupière

Je suis réveillé

Par un mouvement

Ma veille se met en marche

Et j’en garde mémoire

Pour qu’un opérateur

Interprète ce que je vois

Suspendue, accrochée

Boule noire derrière

Ma sphère de verre

Ou dans un tube, emmanchée

Je scrute reliée au central

Tous vos passages, j’avale

Je collectionne les casquettes,

Les calvities, les perruques,

De tous je reluque

Les capuches, les chignons

De face ou sur les nuques

Les signes distinctifs

Sur les trenchs ou les bousons

Je suis un as de la vision

Mais je ne sais pas interpréter

Je ne peux que signaler

Une incongruité

Dans les parkings, dans les carrefours

Je traque les automobilistes

Sans relâche même dans le contrejour

J’alimente les analystes

De nos comportements déviationnistes

Ma vigilance pourrait tomber

Dans les mains d’un pouvoir

Mal intentionné

Adieu la tranquillité

Tous obligés de dissimuler

Privés de nos droits fondamentaux

Que notre attention veille pour nos libertés !

Je veille au grain

Je lave les pommes de terre

Je rince une fois, deux fois, trois fois 

Allez ! le riz, avant cuisson

Les pâtes après cuisson

Les lentilles avant et après 

Que d’eau comme si on en avait le luxe

De tout laver comme ça

Et qui est en cause :  le cadmium

Je veille grâce à la bobosse

Avec sa caméra intégrée qui me traduit les qr codes

Qui me traduit la composition des additifs

Les épaississants – pour nous faire croire qu’il y en a plus

Les conservateurs – pas un parti politique de droite

Les émulsifiants – pour se faire mousser

Les gélifiants- pour ressembler à de la cellulite

Les correcteurs d’acidité- pour éviter d’avoir mal aux dents

Sans compter le sucre ajouté

Agent de sapidité !

Maintenant il y aussi du pétrole dans les huiles

D’habitude, c’est les huiles qui vivent du pétrole

Le bœuf j’y ai renoncé – pas folle la consommatrice !

Quant à la charcuterie trop de nitrate de soduim 

De quoi coller des maux sévères à nos pauvres colons 

Décolonisons la nourriture de toutes ses fioritures !

Les produits laitiers ne sont plus mes amis pour la vie

De quoi des yaourts, skyr, fromages de tous acabits 

Vous faire passer toute raisonnable envie 

Je les remplace par du lait céréalier 

Hé ! et, nous voici revenus au début 

Le blé, le seigle, l’orge le petit épeautre

Tous trempés dans les mêmes conservateurs en dose exagérées.

Quant au vrai lait, voici qu’il est toxique pour les bébés

Y’a vraiment des gens à enfermer pour leur irresponsabilité !

Puis-je encore compter sur le maïs ?

Dans leur conserve ne trouve-t-on quelque malice !

Plein de E quelque chose dont je ne suis pas amatrice 

Les champignons ses éponges à pollution,

Y compris le chocolat, mais alors où on va ? 

Peut-être faut-il tenter de manger le carton…  

Que reste-t-il à ma veille 

Pour se mettre encore un truc sous la dent ? 

Je veille mais Anne ma sœur Anne je ne vois plus rien venir !

Et pourtant méfiante et suiveuse du nutri-score

Même en veillant sur ma consommation

Je constate que j’ai pris du bidon… 

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