La personnalité attendue, en vue, prête à être fêtée, tant désirée arriva, fendant la foule, prête au sacrifice de sa curiosité et de son désir, pour laisser avancer l’éclat de cet être sur lequel elle projette la gloire acquise sur la pellicule, ou sur les ondes – voire les réseaux sociaux. Son éclat doit tous les éclipser.
Je la dévisage- sans être aperçue cependant, et ne donner, partant aucun signe d’antagonisme ni d’acquiescement. Je croise à l’instant l’un de ces regards, et n’y lis que l’effet d’une âme aventureuse, amusée, à ce que le monde lui offre, la dotant dès lors d’une complexion attirante, pour mon esprit collectionneur de mentalités. Rien d’apprêté, pas de minauderies. Droite comme un I, au moment de la remise de son prix, elle ne peut réprimer une larme de joie, que sa maitrise d’actrice réprime aussitôt. Large sourire et phrase jetée en esquif sur la reconnaissance du public, ses yeux brillent du plaisir de luire dans les leurs et de les faire sourire avec une annonce piquante et fraiche.
Satisfaite de mon observation muette, je m’échappe à mon tour dans l’embrasure des portes à tambours capitonnées, désuètes et charmantes du siècle dernier. Longeant la coursive autour de la salle de théâtre, je disparais à ce monde de lustre, heureux de tant de strass, riche d’applaudissements. J’en garde une pensée émue… Elle réapparaitra, lorsqu’au hasard d’un film, je la reconnaitrais jusqu’au jour où sa disparition l’éclipsera de la vie – mais plus jamais des écrans.