L’échelle est contre le mur.
Un homme s’avance.
Au bord des toits, les tuiles vernies se sont effritées sous la force du vent.
L’humidité alourdissait la chaleur. L’homme était resté assis, longtemps, près de
la fenêtre. Mais aucun souffle n’animait la nuit.
Dans le port, les flancs des navires de guerre luisaient comme de grands cétacés.
Au palais, inlassablement, on faisait brûler l’encens autour de l’Empereur.
Derrière les paravents, on devinait les silhouettes des concubines.
À l’aube, on percevait le froissement soyeux des kimonos.
L’homme hésite encore sur le seuil.
Il fixe l’étendue immobile de la mer.
On y chercherait en vain le soulèvement des vagues.
La lumière dessine d’un trait aigu, le contour des toits.
La nuit venue, Jacob a posé sa tête sur la pierre.
Il rêve au pays de Canaan.
Le scribe a un instant suspendu le stylet.
Il cherche le mot qui fixera définitivement sur le parchemin,
Le pas indicible de l’ange.
Puis son geste s’arrête avec la fulgurance de l’explosion.
Il reste sur le mur
L’ombre de l’homme
Effacé
L ‘ombre de l’échelle
Appuyée.
Sur la page du Livre,
Seul demeure,
De Jacob
Le nom.

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