L’assaut
« l’attaque est prévue en fin de matinée il y aura une préparation d’artillerie avant, on commence à distribuer de l’alcool aux hommes dans les tranchées de 1ere ligne, les hommes sont ivres, ils n’attendent pas, montent à l’assaut…c’est un carnage! Devant moi un homme au sol hurle il n’a plus de jambes ! »
Anselme Martin
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J’hurle la peur
j’hurle ma peur
comme le sang dans mes boyaux
l’aube pue
puanteur
l’horreur est devenue une habitude
comme nous
nous habituons aux rats
aux merdes aux asticots
aux sifflements sourds des obus
au froid
à la terreur
les guêtres de l’adjudant sont pleines de vermines
ils les portent depuis bien plus de trois mois
et moi
j’éventre avec ma baïonnette étoilée de miracles sereins
des enfants incertains
les barbelés ne me griffent plus
le pain est une illusion
le vin une passion
mais la ‘‘Peur’’
sais tu toi l’ami lointain ce qu’est la peur
d’une balle en plein front
belles arrogances funambules des lunes rousses
mendiants affamés du crépuscule des vents
fleuves outrageants
le trône à l’orbite du monde
Oh Babel
scrute les tombes
nuits colantes des supplices
la peur en projection sur nos destinés
aimer se mue
en lierre
étouffant l’arbre vif dans son triomphe
de lumière
la rage de la peur triomphe des horreurs
la nuit défait la honte
aux sacrifices des baisers violés
ton arme te rend infaillible
est-ce une illusion d’optique
ou l’effet terrifiant de cette poudre fantôme
que tu te mets dans les narines
trafics des explosions
la peur en cris d’alarmes
sur les larmes de la déraison
tu m’embrasses de mille soleils
tes lèvres collées sur le hasard des rêves,…
la nuit en glissade d’aurores pâles
défait l’instant
le ciel descend jusqu’à l’