Entrons dans le monde de deux intimes
L’un, Tim -Tim, petit nom de Timoléon- est timide
L’autre, Tim également -Tim, de Timothée- est timoré
Tu objecteras que cette histoire n’est pas intime puisqu’ils sont deux Tim
Fais pas le malin et attends
En fait au début de l’histoire –et c’est osé- un Tim est oté
Un Tim oté… reste donc… un Tim
Mais comme l’histoire ne fait pas de victime, la suite réhabilite un Tim, écoute…
Un étranger s’approche qui, tapant sa montre du doigt, intime à un Tim de lui donner l’heure
What time is it ?
Puis en s’appliquant il reprend Quel time (taIme) est-il monsieur?
Dans un éclat de rire un Tim répond
On ne dit pas time (taIme), on dit Tim ! Quel Tim est-il monsieur ?
Et les voilà pris tous deux d’un fou-rire complice qui ébranle et déloge leur timidité native
Les proches ne partagent pas la plaisanterie
Sans traduction ne comprennent rien au mot d’esprit et restent en arrière
Si bien qu’un vide se crée progressivement autour d’eux
Or c’est précisément de cet emballement que date leur intimité
Tim et Tim s’esclaffant
Tim et Tim côte à côte
Tim et Tim faisant la paire
Tim et Tim scellés-soudés à la vie à la mort
Entre les deux Tim le courant passe
Le ruban de la langue a noué ce cadeau ce privilége
Leur timidité ou leur intimité aidant, ils se tiennent le plus souvent silencieux
Leur histoire, brusque de naissance, s’est fait ensuite discrète
Ils cheminent, prennent leur temps, dessinent des paysages, enracinent leur jardin secret
Plantent des arbres multicolores, sèment de somptueuses fleurs sucrées
Récoltent d’incomparables délices
Plus étonnant, des montres y poussent aussi, des montres et des cadrans solaires
L’entourage nourrit de profondes méfiances
Mais Tim et Tim sont de la graine des taiseux heureux et tranquilles
Alors qu’importe l’heure ! Intime n’est pas in time ! (In taIme)
moi j’ai aimé l’entendre et j’aime le lire.