Lieux usuels, polis.

Nos murs, leur contenu

Aussi transparents que domesticité.

Réconfort de leur effacement

Comme l’enveloppement intime

Léger des siestes d’été

Origami de plumes.

Odorant toucher de nos bois

Caresse d’un pelage familier.

La chaise, le bureau

Notre table d’orientation

Vers des lointains apprivoisés

Jusqu’au trophée suspendu

De ce masque sans visage

Heaume de hauts oublis.

*

Or le passage de l’ami

A fait tourner les tables

Pivoter les assises.

Un chuchotement exotique

Sourd de notre gite lustré.

De quelle trappe issus

Sorciers ou chamanes

Réchauffent paroles gelées

Rires transis ?

La tour et la coupole estompées

Derrière le cadre s’illuminent.

Sous le nouvel ascendant

Nos auxiliaires délaissés

Prétendent à leur renaissance.

Naguère au râtelier de nos utilités

Poupée, chat d’Egypte, oiseau de Paradis

Trissent en scène leur impatience.

(Paru dans Atelier en apesanteur, Éditions L’Harmattan, 2017, p. 48-49)

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