La nuit peu à peu s’est appuyée

Sur la cime des arbres frissonnants

Elles marchent

Derrière elles, les pans d’ombre

Glissent

À l’orée des cavernes

Les oiseaux nocturnes

Ont fixé leur œil phosphorescent

Sur les dernières traces de lumière.

Ce n’est pas le silence.

L’espace résonne en creux

Tendu.

J’écoute le tambour de la nuit

J’ai placé le souffle à la place exacte

Le corps a vibré

De toutes ses cordes

Ce fut l’harmonie lucide.

La présence indicible.

Démultipliée.

Je guette.

Je fouille comme l’oiseau

Entre les branches

Leur place dans la nuit

Elles se sont arrêtées

Sur le seuil des pierres.

Alors elles sont comme des harpes

Qu’aucune main ne toucherait.

Un oiseau attend, tout proche.

Il guette, entre les mondes,

Leur minuscule pulsation humaine

À peine perceptible dans l’ombre

Soudainement densifiée

J’ai entendu le froissement des ailes

Juste avant le cri

L’envol a déplacé l’ordre du Temps

Où la nuit s’est appesantie.

Ce fut l’instant où elles se sont mises en marche

À nouveau.

Leurs mouvements sont amples

Et très doux

Derrière elles

L’ombre s’est épaissie 

Sur la limite infranchissable.

Au retour

Elles portent

Royales

La couronne nocturne.

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