C’est que déjà le seuil

est franchi

la porte et la bouche

entrouvertes

un sourire des yeux et des lèvres

une attention à chaque signe

la parenthèse sans parapet

pour l’écoute claire des mots

qu’on retrouve ou que l’on découvre

Des silhouettes, des portraits

des paysages et des pensées

les sens en alerte et les larmes

en marge

en lisière

en secret

Charmants dialogues

sans tirets

voix rauques

aux accents cigarette

une échappée presque lascive

dans un geste plein d’abandon

ou de chevelure lâchée

Un rien dans la robe d’un vin

ou sur des lèvres rouge sang

devient violence

ou ferveur

fièvre et saccage

guerre ou suspens

Tout se mêle

en cette visite

où l’on aura tourné les pages

d’un passé et d’un avenir

et en fermant la parenthèse

un rythme reste ou une aura

la grâce infime de l’intime

le tempo, la beauté

d’un style,

un feu sacré

quand on referme

la porte

de ce temps dissous

quand le seuil

est déjà franchi.

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