1. Ô déesse des nuits et des veilles
Veilles actives , veilles éveillées
De crainte et d’espoir mêlées
d’invention et d’imaginaire
Dans l’ horreur et la joie rusée
Qui fera taire le maître pervers
2.Raconter, jusqu’à plus soif, jusqu’à plus nuit
c’est rire à la barbe des puissants
Et compter jusqu’à mille et une
C’est Maîtriser le sort et la fortune
Déesse des Veilles non pas lascives ou langoureuses
Mais fabuleuses
Ô Génie de l’espèce fabulatrice,
Mère manipulatrice Tu as peuplé nourri soutenu mes veilles.
3. Mais voici qu’aujourd’hui,
Logée au sein de funestes machines
Ma déesse des veilles m’ouvre la porte chaque soir,
déclenche un lumineux signal.
Une voix suave se met en marche
lorsque je franchis le bout du couloir
Ding ding dong, il est 19h,
Déchue et Prosaïque, elle surveille mes horaires…
Mais que font ces machines quand elles ne travaillent pas?
Où vont tous ces signaux quand ils quittent la veille et prennent le large?
Vil système binaire 01 00 11 10 et tous ces un – un de barges?
4. Shéhérazade, m’a légué son hors-temps,
Pour surmonter le guet-apens, // Un temps où les mots sauvent,
Si tu te réveilles avant l’ aube.
Veille, mon ami, veille , a-t- elle dit, ne reste pas en embuscade,
Veille à ne pas laisser filer les jours,
sans respirer le glacé du vent d’écriture
Ou bien tu tomberas dans la trappe du temps… Rêve, mon ami, veille !