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Cruauté faite à l’Humanité

Cruauté faite aux enfants

Cruauté faite aux femmes

Cruauté faite aux vieillards

Cruauté faite aux animaux

 

Bien sûr, j’abhorre toutes formes de cruauté !

Sauf les maux que j’inflige aux mots, pour m’en jouer :

 

 

Cruauté de la Nature

 

Elle nous le rappelle en ce moment :  

« Cruauté dangereuse quand inondation est crue haute et dangereuse »

 

 

Cruauté faite aux légumes

 

Ah, sur ce point j’ai pu agir, jadis.

 

Cela est vieux, et je suis certain qu’ici nul ne s’en souvient !  

 

Après luttes, j’ai obtenu gain de cause en exigeant des Salons de thé qu’ils retirent de leurs menus la fameuse ‘ carotte crue au thé ’ !

 

 

 

 

Et la « cruauté de l’aubergiste » !

 

Si, si… Elle existe !… Je peux en témoigner !

Écoutez.

Attablé, j’attends ma commande d’omelette aux morilles, spécialité de l’auberge.

Dans la nuit tombée, ma voiture est bien rangée sous l’auvent de la cour.

Mon bagage déballé. Mes vêtements suspendus aux cintres de la chambre louée.

J’attends.

 

Ah ce n’est pas que je tienne particulièrement aux morilles, non, mais cet après-midi je me suis tapé quatre-vingt kilomètres de route en lacets, exprès pour dîner et dormir dans ce patelin de montagne où, m’a-ton assuré, sont pures gourmandises… les œufs de poule.

 

Le patron a rejoint ses fourneaux.

Sa jeune serveuse est un peu nunuche, mais pas désagréable à regarder.

J’attends en la matant.

 

Omelette aux morilles, plateau de fromages, ronde des desserts, vin compris, en plus de la nuitée d’hôtel et du petit déjeuner…

Tout ça pour pas cher…

Que demande le peuple !

 

Oui, la serveuse est gentillette et louvoie avec grâce entre les rares clients.

Calmes couples de retraités.

Voyageurs de commerce esseulés.

 

La voilà qui apporte son sourire vers ma table, en plus d’une bouteille de pain et d’une corbeille de vin…

Ou l’inverse !

Voyez, j’vous l’avais bien dit qu’elle me semblait nunuche…

Elle incline la bouteille côté étiquette : ‘ Morgon 1980 ’.

Certes, si je n’en reviens pas, je sais lui cacher mon étonnement.

 

Après essuyage du goulot, elle en entreprend l’ouverture au tire-bouchon, puis me verse un fond de verre.

Charmant sourire aux lèvres, elle propose aux miennes de goûter si ce vin me convient.

 

Hummmm, tu parles !… Un « Morgon 1980 » !…

Mazette, oui, le bivouac valait le détour !

Assurément la cuvée de nuit est à la hauteur du plat du jour.

 

Ah justement, le patron m’apporte l’omelette !

Énooooooorme !… Elle grésille et fume.

Ses couleurs sont celles du soleil rasant que j’avais tantôt en plein dans les mirettes à chaque coudée de virages…

 

Et l’odeur… Ah mes amis, l’odeeeeeeeeeeeeur !…

 

« – Régalez-vous, Monsieur… Régalez-vous !…

Ah mais, qu’est-ce donc cela ?…

Ma gourde de serveuse ne vous a pas apporté la bonne bouteille !

 

– Si, si, elle est bonne, merci…

 

– Mais non, Monsieur ! Désolé !

Ce cru très côté ne figure pas au ‘menu étape’ !

Pensez donc ! Une bouteille de ce prix là !…

Je vous rapporte la bonne ! »

 

Et sur ce, d’un geste qui m’est cruel, l’aubergiste ôte la dive de ma table et s’en va avec.

 

Ah… Cru ôté !… Cru ôté !…

 

 

 

 

 

Mais je me console en pensant que la nuit du 24 décembre approche. Dans moins d’un mois !

 

Connaissant mes goûts épicuriens, chaque année le Père Noël place toujours à mon intention une bouteille millésimé dans sa hotte.

 

Ainsi, je peux dire qu’en dépit de sa bienveillance, il descend dans ma cheminée avec cru…hotté  !…

 

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