Compte-rendu du Buffet littéraire du 28 novembre (CRUAUTÈ)

La cruauté, du latin cruor d’où dérive crudelis (cru, non digéré, indigeste) désigne selon le philosophe Clément Rosset « la chair écorchée et sanglante : soit la chose elle-même dénuée de ses atours ou accompagnements ordinaires, en l’occurrence la peau, et réduite ainsi à son unique réalité, aussi saignante qu’indigeste». Une fois ce rappel étymologique effectué et en marge des contributions écrites, la soirée fut animée de discussions vives. Il faut dire que la difficulté à circonscrire le thème est due au fait que la cruauté, étroitement liée à la violence (physique ou/et psychologique) est au cœur de l’humain et à ce titre interpelle chacun d’entre nous, en tant que personne.

Les références à la cruauté sont innombrables et balaient aussi bien le champ des sciences humaines et sociales que celui de la philosophie (Freud, Primo Levy, Clément Rosset – entre autres) et de la littérature (Sade, Artaud, Mishima, Agota Kristof – entre autres) sans oublier la peinture (lire le texte d’Agnès Adda à propos de l’exposition Francis Bacon) et le cinéma (cf le dernier film de Guédiguian sur la cruauté du système ultralibéral : Gloria Mundi) évoqué par Isabelle Minière.

Ayant pris acte du fait que la cruauté était un marqueur indélébile du comportement humain s’exerçant à titre privé ou dans le cadre de groupes organisés ou de systèmes idéologiques, religieux, totalitaires voire ultralibéraux, il parait important de souligner que la cruauté est présente au plus profond de notre psychisme et reconnaitre ce tropisme intrapsychique permet de le sublimer et notamment par l’art. C’est en tout cas la conclusion que je fais dans l’après Buffet littéraire.

Laissons maintenant la parole ou plutôt la plume aux contributeurs :

– Nicole Goujon a écrit et lu un texte de sa composition Histoires crues

– Isabelle Minière a écrit et lu un texte de sa composition Cruella

– Bettie Nin a écrit et lu un texte de sa composition Papiers pliés

– Danielle Marty a écrit et lu un texte de sa composition A tire d’aile

– Agnès Adda a écrit et lu Présence projetée – Francis Bacon

– Isabelle Camarrieu a écrit et lu deux textes de sa composition Enfant adolescent et Baroque

– Serge a écrit un texte (sans titre), lu par Danielle Marty

Francis Berthelot d’Azay a lu et écrit un texte de sa composition

– Alain Minod a fait une improvisation sur le thème de la cruauté (non enregistrée)

– J’ai lu un extrait d’une nouvelle de Jenny Collin L’abattoir

 

Après cette soirée riche et animée, rendez-vous fut pris pour le prochain Buffet littéraire, le jeudi 16 janvier. Le thème retenu est L’EVEIL

Salutations littéraires et poétiques… et bonnes fêtes de fin d’année.

François Minod

 

 

 

 

 

Contributions du BL du 23-10-19

 

– Christiane Rolin a présenté le livre Le cercle de Dave Eggers (Editions Gallimard)

 – Isabelle Cammarieu nous a présenté le livre de Loïc Demey : Je, d’un accident ou d’amour

Elle a également écrit et lu Je version 4

– Dominique Zinenberg écrit et lu un texte de sa composition Les « Je » sont faits

– Agnès Adda a écrit et lu un texte de sa composition Biblique

– Françoise Bernard a écrit et lu un texte de sa composition Déclinaison

AxoDom a écrit et lu un terre de sa composition Je c’est nous

Danielle Marty a écrit et lu Entre parenthèses

J’ai lu un texte de Patrick Quillier, extrait du livre orifice du murmure (Editions La différence)

 

Compte-rendu du Buffet littéraire du 19 septembre 19 (Adverbe)

Nous entamons la 12ème année du Buffet littéraire.  C’est vraiment, carrémentabsolument, indéniablement, complètement  INCROYABLE. Le choix des adverbes n’est pas suffisant pour dire la longévité exceptionnelle d’une aventure qui, on peut le dire aujourd’hui est devenue pérenne.

– Jusqu’à quand ? me susurre une voix intérieure.

– L’avenir le dira, répondé-je, tout de go.

Assurément.

Les participants du Buffet littéraire que nous désignons par l’acronyme BL ont choisi  comme thème de rentrée Le mot ADVERBE. Et, j’en ai profité pour m’amuser avec le thème  dans cette courte introduction.

Passons maintenant aux contributions qui ont nourri notre premier rendez-vous littéraire de la saison 2019-2020. Quelques personnes empêchées m’ont transmis leur texte que j’ai lu avec grand plaisir. Voici ci-dessous les textes écrits (pour la plupart)  et lus par les participants.

Tout d’abord, comme c’est l’usage, nous donnons la parole à la personne qui  souhaite nous présenter un livre (en rapport ou pas avec le thème)

– Brigitte Laporte Darbans nous a fait un court exposé de L’Étoile du nord de D.B John.

– Bettie Nin a écrit et lu un texte de sa composition : Adverbe

– Isabelle Cammarrieu a écrit et lu un texte de sa composition : Adverbe navigant

– Serge Papiernik a écrit et lu un texte de sa composition : La

Françoise Delagrave a écrit et lu un texte de sa composition : Controverse grammaticale

Antonia Soulez a écrit et lu un texte de sa composition : Adverbe

– J’ai lu un texte écrit et publié :  Le point et la virgule

– Nicole Goujon m’a chargé, en son absence de lire un texte de sa composition : Vraiment

Agnès Adda, absente m’a chargé de lire un texte de sa composition : L’adverbe

–  Mireille Diaz-Florian, en son absence m’a chargé de lire un texte de sa composition : Matin

–  Catherine Jarrett a écrit un texte de sa composition extrait de : Es Adverbes, chevaliers des Mots

– Catherine Seghers a lu un extrait de : On vient chercher Monsieur Jean de Jean Tardieu

Après ces agapes littéraires et culinaires, nous avons pris congé et nous sommes donné rendez-vous le Mercredi 23 octobre autour du thème JE. Tout un programme !

Bon vent littéraire et poétique.

Et un grand merci à Lise sans qui le blog n’existerait pas.

François Minod

Compte-rendu du Buffet littéraire du mercredi 15 mai (La lenteur)

« La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme» écrit Milan Kundera dans son très bel ouvrage La lenteur.  Et il ajoute « Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l’oubli […] Notre époque est obsédée par le désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse».  Le regard aiguisé que pose Kundera sur notre époque  contemporaine dans ce  livre écrit il y a pratiquement 25 ans n’a pas pris une ride.

En critiquant   le culte de la vitesse et en réaffirmant les vertus de la lenteur,  tout un courant d’opinion actuel a emboîté le pas à la réflexion de Kundera,  Je pense notamment  au livre de Carl Honoré Eloge de la lenteur. De même, un certain nombre de pratiques issues du bouddhisme permettent de  passer du « Toujours plus vite » à « La pleine conscience » qui exige une attitude d’attention,  de présence et de conscience vigilante à soi, tout le contraire de la course effrénée à laquelle nous sommes peu ou prou conviés.

Je souhaiterais conclure cette courte  introduction par ce mot de Pierre Dac :   « Rien ne sert de courir si on n’est pas pressé »

Laissons maintenant la parole et la plume aux contributeurs du Buffet littéraire :

–  Brigitte Laporte Darbans  a présenté :   La mer noire, livre de Khétevane Davrichewi 

 

–  Isabelle Minière a écrit et lu :  A toute vitesse

 

–  Mireille Diaz-Florian a écrit et lu :  ô ma joie lente à venir

 

–  Christine Shaller a écrit et lu : Chanson lente pour endormir vite

 

–  Anne de Commines a écrit et lu : La lenteur

 

–  Agnès Adda a écrit et lu : Verve saltimbanque

 

–  Dominique Zinenberg a écrit et lu : Ralentir travaux

 

–  Bettie Nin a écrit et lu : On m’a dit

 

–  Isabelle Cammarieu  a écrit : La lenteur. Lu par François Minod

 

–  Anna Maria Celli a écrit et lu : L’immortelle

 

–  François Minod a écrit et lu : Tu es lent

Après cette soirée qui n’a pas manqué de lenteur, ni de saveur, nous nous sommes donné rendez-vous pour le prochain Buffet littéraire  le mercredi 19 juin. Le thème retenu est Le départ.

A vos starting block !

Salutations littéraires

François Minod

 

Compte-rendu du  Buffet littéraire du 4 avril 2019 (LE DÉTOUR)

Le thème du détour a inspiré les participants du Buffet littéraire. Il faut dire qu’à l’heure du mythe d’une communication immédiate et transparente, à l’heure des déplacements rapides, efficaces, organisés, à l’heure où notre société retient le plus souvent l’image choc, la synthèse, le résumé, qui laissent dans l’ombre le cheminement intellectuel, d’aucuns aspirent à emprunter les chemins de traverse, la digression, le tâtonnement de la pensée, quitte à remettre en cause la notion d’efficacité, de performance, à tout prix.

L’art, la littérature, la poésie, sont à cet égard des antidotes qui permettent de dire le monde dans son infinie complexité, son mystère, quitte à faire de multiples détours pour tenter d’approcher au plus près l’opacité du réel.

Les participants du Buffet littéraire ont contribué à explorer le thème du détour avec leur vision, leur singularité, leurs voix.

Laissons-leur la parole :

– Mireille Diaz-Florian nous a présenté le livre de Patti Smith M Train (rubrique livre)

– Isabelle Minière a écrit et lu : La conduite de détour

– Stan Dell a écrit et lu : GPS

– Anna Maria Celli a écrit et lu : La main pour dire l’amour

– Antonia Soulez a écrit et lu : Détour en question

– Christine Schaller a écrit et lu :  Détour des mots

–  Agnès Adda a écrit et lu : Fleuves et eaux

– Anne de Commines a écrit et lu : Détourner l’attention

– Serge Papiernik a écrit et lu : Bruissement d’ailes 

– François Minod a écrit et lu : Tour et détour

– Dominique Zinenberg a lu des extraits du livre de Daniel Mendelshon : Une odyssée, un père, un fils, une épopée (Flammarion)

–  Françoise Bernard a lu des extrais de Ithaque de Constantin Cavafy (traduction de Marguerite Yourcenar)

– Nicole Goujon a écrit Cœur de cible, que j’ai lu en son absence.

– Isabelle Camarrieu a écrit  Le détour

Après cette soirée très riche et conviviale, nous nous sommes donnés rendez-vous le mercredi 15 mai pour échanger sur  le thème de la lenteur.

Bon vent littéraire et poétique.

François Minod

Compte-rendu du Buffet littéraire du 20 février (Brouillard)

Le thème du brouillard a inspiré les participants du Buffet littéraire à en juger par le nombre de contributions  (voir ci-dessous). Vous pourrez également lire le texte de Nicole Goujon concernant la présentation de l’ouvrage de notre amie Dominique Zinenberg : Pour saluer Apollinaire.

Bonne lecture et rendez-vous le jeudi 4 avril pour  notre prochain BL dont le thème est Le détour.

 Pour saluer Dominique Zinenberg, présentation de Nicole Goujon

Buée d’amour, lu et dit par Agnès Adda

Chute libre,  écrit et dit par Anne de Commines

Paroles de Fernando Pessoa, écrit par Patrick Quillier

Le buvard des images, écrit et dit par Nicole Goujon

Impressions glauques, le brouillard, écrit et lu par Dominique Zinenberg

Mes brouillards, petits et grands, écrit et dit par Florence Ovaere

Brouillard, écrit  Isabelle Camarrieu

– Isabelle Minière a écrit et lu Mes cahiers de brouillard.

 

Salutations littéraires et poétiques

François Minod

 

Compte-rendu du BL du 20 septembre (La fuite)

Les participants du Buffet littéraire ne se sont pas dérobés à ce premier rendez-vous de la saison 2018-2019. Et pourtant le thème proposé, la fuite, aurait pu les motiver à le faire. Las, les contributions furent nombreuses et la soirée fut comme à l’accoutumée  riche et conviviale. A croire que le thème proposé, loin de provoquer une fuite des cerveaux a eu plutôt l’effet inverse.

  Il faut dire que la fuite est un thème transversal qui intéresse aussi bien les poètes que les psychologues ou les neurobiologistes comme  Henri Laboritt dont le livre L’éloge de la fuite a connu un grand succès et a donné lieu à une adaptation cinématographique Mon oncle d’Amérique de Jean Resnais à partir des thèmes développés dans le ditouvrage.

  Quant aux poètes, aux écrivains, aux dramaturges,  le thème de la fuite du temps est pour eux du pain béni. La liste serait trop longue pour en   faire une recherche exhaustive.

  Laissons maintenant la parole aux contributeurs dont vous trouverez les textes dans cette même rubrique. En voici les références :

A toutes fuites utiles écrit et lu par Anne de Commines

Fuir Là-bas écrit et lu par Mireille Diaz-Florian

Des mots à la dérobée et Au fil du temps écrit et lu par Dominique Zinenberg

L’art de la fuite écrit et lu par Isabelle Minière

Fuithon écrit et lu par Stan Dell

La pianiste aux doigts trop courts interprété par Christine Shaller

– Fuir la tranquillité  écrit et lu par Laure Nèe (en attente de réception)

Le temps de la fuite écrit et lu par François Minod

– Agnès Adda a lu un extrait de La vérité sans Marie de Jean-Philippe Toussaint.

– Alain Minod a fait une improvisation sur le thème du BL (non enregistré)

Après ces nombreuses agapes, il était légitime que la fuite fût décrétée.

Rendez-vous fut prix pour le prochain BL le mercredi 21 novembre. Le thème proposé : Rien

Gageons que les contributeurs aient quelque chose à dire…

Salutations littéraires et poétiques.

                                                                                                                         François Minod

 

 

Compte-rendu du BL du 21 juin 2018 – La paresse

Écrire sur la paresse est un défi à relever car il faut arriver à se sortir de l’état dans lequel elle nous plonge pour pouvoir dire quelque chose à son propos. Néanmoins beaucoup d’auteurs s’y sont essayé. Que ce soit Paul Lafargue (Le droit à la paresse), Clément Pansaers ( L’apologie de la paresse ), Marc Lemonier ( Le petit livre de la paresse ) , Erik Sablé ( L’éloge de la sainte paresse ) ou Kazimir Malevitch ( La paresse comme vérité effective de l’homme ). Ce même Malevitch déclarant dans l’incipit de son livre :

 « Le travail doit être maudit, comme l’enseignent les légendes sur le paradis, tandis que la paresse doit être le but essentiel de l’homme. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. C’est cette inversion qui s’est produit. C’est cette inversion que je voudrais tirer au clair. »

Le défi a également été relevé par les personnes présentes au BL consacré à ce thème. Les absents ayant sans doute été contaminés par l’indolent virus de ladite paresse.

– Lise Lentignac a introduit le thème de façon originale en nous lisant un article qu’elle a rédigé autour du personnage de Gaston Lagaffe

– Isabelle Minière a lu un texte écrit pour le BL « Paresseux »

Dominique Zinenberg a lu un texte écrit pour le BL « Un petit traité sur la paresse »

Agnès Adda a lu un poème écrit pour le BL  « La grande verrière »

– Catherine Jarrett a lu un poème écrit pour le BL « Paresse »

– Patrick Quillier a lu  un texte de sa composition, sans titre

– Alain a improvisé sur le thème de la paresse (malheureusement, son impro n’a pas été enregistrée)

– j’ai lu un texte écrit pour le BL « La paresse »

– Isabelle Camarrieu,  absente a proposé un texte écrit par elle  La paresse (à lire sur le blog)

– Nous avons également écouté Brigitte Laporte Darbans nous présenter le livre « Point cardinal »  de Léonor Récondo  (lire la présentation dans la rubrique Livres)

Ce Buffet littéraire était le dernier de la saison 2017-2018.

Nous entamerons la onzième saison le jeudi 20 septembre. Le thème retenu est La fuite. Raison de plus pour être présents, ce dont je me réjouis.

Bon vent littéraire et bel été à toutes et à tous

François Minod

 

CR du BL du 3 mai 2018 – Rouge

Le buffet littéraire est-il sous influence du bonheur des beaux jours revenus ? Cela est perceptible dès mon arrivée… Aujourd’hui, en dehors de notre hôte, que des femmes ! Remarque François- heureux,  bien qu’esseulé en son genre.

Les conversations vont bon train, chacune saluant les autres avec ce bonheur des relations nouées, des échanges entre chacune, et de l’attente pour mise en appétit littéraire avec un peu de vin, rouge qui ne brouille en rien notre teint – dans l’attente du démarrage de la soirée.

François déclare qu’il ne fera rien : ni l’intro, ni le compte rendu : à tout seigneur tout honneur !… Le relais se prend facilement. Mireille Diaz-Florian nous lit avec une expression gourmande les remarques de Michel Pastoureau, historien médiéviste et grand chercheur sur les couleurs. Elle a retrouvé le texte qu’il a consacré à la couleur de circonstance : rouge ; pour l’exposition du même nom. L’ambivalence de cette couleur y est explorée dans ce style très accessible, très renseigné, qui fait le charme des écrits de cet auteur. Couleur héraldique sang, couleur tonique ou menaçante, on est surpris, entre autre de savoir que Rouges étaient les robes de mariée avant le 19ème.

Dominique Zienerberg nous découvre son texte écrit pour le buffet : « Puissance du rouge », évoquant la nature, la peinture et la fonction d’appel de cette couleur dans les toiles.

Isabelle Béchu, dont l’activité d’analyste l’amène à côtoyer des phobies, nous fait part de la sienne, partagée parfois avec ses patients.  La vue du sang et son effet déplaisant : la perte de connaissance. Après cette confidence intime, qui nous touche, elle lit : « rouge sourire », une coquetterie sur le désir d’être aimée.

Agnès Adda prend la suite, et nous emmène dans une « promenade » entre sentiments, symboles et paysage …

Antonia, elle nous fait le portrait d’un grand vase , rouge évidemment, offert dans des circonstances de rapt : d’où son titre «  In vidia » : envie !

C’est autour d’Anne, qui le corps dans un mouvement et un regard un brin ironique, nous entraîne dans une histoire d’amour –qui trompe par sa première tonalité rose, bientôt rosse pour finir tout à trac dans une flaque de crime passionnel. Nous avons le souffle coupé par la fin, tombée comme un couperet !

Votre secrétaire de séance, lit « Placenta », puis un poème conte sur le rouge : le beau en Russe, pour finir sur un « pingpong » un peu fou, où l’on, me dit-on, reconnait bien.

François se prend à la malice de la désopilante satire politique (mettre à distance les despotes du monde entier) de Nicole Goujon. « Red City ».  Nous sommes toutes (allez pour une fois l’accord sera fait avec la majorité) séduites par la couleur complémentaire, ce pouvoir girouette désormais repeint en vert !

Un texte de Katel Mars, auteure haïtienne : « Dérives en rouge », nous est découvert par la voix chaude de François. Une poésie qui n’a pas froid aux yeux pour parler du désir.

Mireille nous fait déguster deux textes de Baudelaire « Harmonie du soir », et « ce ne seront jamais ces beautés de vignettes »

La soirée littéraire finit en chanson, texte d’Aragon, moins légère que mon introduction.  Reprenant les derniers mots tracés par le résistant Michel Manoukian, pour sa femme, juste avant son exécution. François interprète « 20 et 3 »,  et ses accents nous ramènent à l’essentiel.

Après un bruissement reconnaissant au chanteur et à Aragon, nous décidons de « paresse » pour la prochaine séance.

Avec ce mot d’ordre en tête, qui prendra donc le temps d’écrire pour la séance à venir ?

Isabelle Camarrieu

 

Compte rendu du BL du 28 mars 2018 – Éveil

À l’origine, c’était « Désarroi ». Mais depuis, les circonstances s’y sont mises. Des événements horribles côté actualité. Et notre ami Rached parti là-haut à la recherche d’«extraordinaiiiiiiire ». Donc inutile d’ajouter du « Désarroi » au désarroi.

Alors ce fut « Éveil ». Ce changement de thème n’ayant pas atteint toutes les consciences, il y eut toujours du « Désarroi » dans l’air (et pour causes …). Fort heureusement, La Présidence a fait preuve de mansuétude en acceptant les contributions afférentes à l’ancien thème. Merci à elle, enfin, à lui !

L’éveil renvoie à la vie et appelle le printemps (parait qu’il arrive …). L’éveil à la vie, à la beauté, à ce que l’on ne voyait pas, aux émotions, à soi, aux autres. Il ouvre à tant de ravissements qu’il en est un mot noble. L’éveil du matin, du nouveau-né, l’éveil à tout âge de la vie. L’éveil n’a que faire du temps, il nous ramène toujours au commencement d’une nouvelle aventure intérieure.

Ce BL fut comme à son habitude très riche et très varié. Des textes pleins d’émotions et de sourires, des poésies d’une grande finesse, des citations de haute volée, des livres à découvrir (tellement mieux qu’à caller les armoires !). Il y eut même des jeux de mots en veux-tu en voilà. Alors on a fait la fête à l’éveil, sans trop de désarroi.

Place maintenant aux contributeurs de ce BL inspirés par l’amour des lettres, selon la formule consacrée et non moins réelle ….

Contributions ayant trait au vrai-faux thème « Désarroi » :

  • Antonia Soulez a présenté son livre, Désarroi, Éditions Delatour. L’histoire de la recherche d’un père
  • Isabelle Minière, Désarroi puis La rivière imaginaire, textes écrits et lus par elle-même, encore toute auréolée de son éclatant succès à France Culture
  • Anne de Commines, Désarroi, un texte improvisé sur le champ et lu par elle-même. Anne a également fait mention de son recueil intitulé L’indire, Éditions JFE (Jacques Flament Éditions)

Contributions ayant trait au vrai-vrai thème « Éveil »

  • Françoise Assus, L’éveil d’un 28 mars 2018, texte inspiré par l’assassinat de Mireille Knoll. Françoise a également évoqué deux livres à lire : L’ordre du jour d’Eric Vuillard, Éditions Acte sud et La serpe de Philippe Jaenada, Éditions Julliard.
  • Catherine Jarrett, L’éveil et Dès mon réveil, écrits et lus (debout !) par elle-même
  • Nicole Goujon, L’éveil en ce jardin, écrit et lu par elle-même
  • Mireille Diaz-Florian, Éveil du Jeudi Saint, écrit et lu par elle-même
  • Alain Minod, deux poésies, écrites et lues par lui-même. François a également lu un passage de L’éloge de l’éveil in walden ou la vie dans les bois (pages 193 à 197) d’Henry David Thoreau, Éditions Augier
  • Dominique Zinenberg, De l’éveil, écrit et lu par elle-même
  • Agnès Adda, texte lu par François Minod
  • Stan Dell, Quand la chine s’éveillera, écrit et lu par lui-même

Autres contributions :

  • Nicole Goujon a présenté le livre Carambolages, d’Olivier Salon et Philippe Mouche, Éditions Cambourakis. Un recueil de textes et d’images très drôles et « décapants » (dixit Nicole), basés sur les liens entre littérature et peinture. Par exemple La laitière fait fortune, rien à voir avec une biographie de Mamie Nova !
  • Dominique Zinenberg a présenté son recueil L’intimité de l’air – Quintils à la Japonaise, Éditions Encres vives

Et ce n’est pas tout … Certains participants nous ont gratifiés de citations fort à propos :

  • Gérard Mottet :
  • Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ? (Pascal)
  • La vraie poésie est une fonction d’éveil (Bachelard)
  • Isabelle Minière :
  • L’écriture est un assemblage (elle-même)
  • Et à tout seigneur tout honneur :
  • Il faut que les désarrois soient courts (François Minod).

Alain a conclu la soirée par un émouvant texte écrit et lu en hommage à Rached.

Pour le choix du prochain thème, la belle assemblée a vu « Rouge ». Pas de colère, de fin ; « Il y en a qui travaillent demain … ». Littérature et poésie sont bien des arts rois au BL, même les veilles de labeur !

Stan Dell