Chiffre était triste, seul, sans personne à qui parler, sourire, avec qui rire. Il était triste depuis si longtemps. Il ne savait même plus depuis quand ! Et puis, un jour, allez savoir pourquoi, un éclair, une lumière, ce fut comme une révélation ! Il se rappela du nom de son aïeul : Sifr !
Sifr ! lui revint alors en mémoire le secret qui lui avait été transmis
Son visage s’éclaira, « Sifr », mais bien sûr, n’était-ce pas l’ancien nom du « zéro » !
Zéro !
S’il y a un zéro, il y a un Un !
Et alors Chiffre sourit, il n’était plus seul, il y a un 1 et donc, il y a un 2 !
Mais sommes-nous jamais 2 quand on est 2 ?
Non bien sûr, et déjà le 3 arriva – et les autres suivirent, infinis, se bousculant, se pressant,
avides de voir le jour ! Et ce fut la joie infinie, à l’image de cette belle suite de Fibonnacci…
A l’image aussi de tous les poètes qui savent que la vie certes se chiffre mais surtout, que la vie, elle se déchiffre, énigme toujours renouvelée !