Mémoire palimpseste
épure des rivages
esquissé par les rêves, reconnu par les mots qui les dessinent
sable, rochers, vague, rouleaux, algues, voiliers, phare – horizon –
Cris d’enfants
sur la plage
Pas, traces, châteaux qui montent et fondent empreintes passagères
rivages soleils couchants, calme soudain du large,
goélands goélettes à portée du regard, vie plus grande miroitante, multipliée dans les reflets
Tous les ressassements des cryptes et des rives
Tous les dédoublements d’aquarelles marines
Les strates de rivages à feuilleter de page en plage,
marées après années, corne de brume et d’abondance, laisses creusant sans fin les souvenirs
qui oscillent et se mêlent,
laissant le cœur à la contemplation
à l’oubli souverain
au repentir
obscur,
érosion de la langue, de la grotte intime
et du rivage aux confins des chagrins.
Rivage-varech,
crissement du sable,
chevilles tordues par les galets,
débris de coquillages sous les pieds nus
jeu du sablier glissant sous les doigts
cheveux mouillés
après la nage
dans l’immensité
les embruns la chaleur le goût du sel l’amer la vague
Atteindre le rivage, contempler du rivage
la mer
S’éloigner du rivage,
aller vers l’incertitude, la démesure, nager nager, soulagement, soulèvement, soutènement du large qui aimante
Plonger
loin du rivage et de la grève, loin de la plage où dorent allongés les humains,
dans la splendeur des bleus, des verts, des éclats irisés des rayons,
murmure du vent dans les cheveux, s’asseoir contempler, rêver, se perdre
oublier jusqu’aux voix stridentes des enfants,
dans la parenthèse de l’île du songe
s’enivrer d’une douche froide, accueillante,
arpenter le rivage tout près de la dernière écume, dans la lumière iodée, traversée d’oiseaux
de nuages, de folie,
l’air cajole la peau, fait voler les chapeaux, les corps respirent, s’attirent,
farandole amoureuse jusqu’à l’infini littoral.