Ciel que me veux-tu
Tu es blanc
bleu gris cendre
Prusse aussi et rubis
piqué d’or
lactescent ou furieux
bouffi de monstres
Mais tu sembles si pauvre
Ciel
si frêle autour de simple Terre
qu’un cheveu de géant t’étrillerait
Ciel bonhomme
ciel Machiavel
tu masques tu camoufles
tant de roueries prodiges
Tel enfant emporté par sa luge
se choque écorche bute voltige
à te franchir
Ciel
le Nu sapiens-Humain fugace
se perd
collette
avec les insondables les imprévus les tourbillons les explosions
écumes frasques virgules incandescences
les impensés les pensés impensables
les murmures inconnus les violences les fournaises
les vertiges d’espaces temps l’inouï
trous noirs galaxies univers impalpables
le fou l’incommensurable
Et palombe sur le toit a beau roucouler
tes nues apaiser le grand cèdre
avant longtemps
Ciel
nous ne saurons frayer par les routes noires et vibrantes
ces nuits sans fond
les milliards de milliards de milliards de possibles
Ciel celant
précédant le mystère de l’étant
Ciel qui rit sous cape d’azur
Ciel bouche taiseuse
porte d’énigmes et du commencement
des lumières abolies
Ciel de l’Autre
le grand Autre
dément sublime
d’où pleuvent Qui quoi où quand comment pourquoi
Oui Pourquoi?
Ciel voie et voix
brèche de l’inouï et des épiphanies
Ciel d’un demain peut-être
ou du miracle d’un
Comprendre
Enfin
Ciel berge du Sens