Bras dessus, bras dessous, je m’en allais sur les quais de la Seine au bras de mon Minotaure. Il était souriant ce jour-là. Enfin, un sourire de Minotaure ! Avec sa gueule de métèque …

Nous avions décidé de profiter de notre balade pour rendre visite à son oncle, un tonton Minotaure, qui bizarrement avait comme nom Freudotaure. Freud comme Freud ? Oui.

Oui il freudonnait, distillait ses pensées à qui venait le voir dans son repaire.

Freudotaure était un vieux sage solitaire. Mon Minotaure et moi lui rendions visite car nous avions une question brûlante à lui poser :

« Peut-on être content d’être dans le labyrinthe ? »

La vie au cœur du labyrinthe ne nous était pas désagréable : nous découvrions sans cesse de nouvelles voies. Le temps n’avait pas de prise sur nous. Pourtant nous avions un doute. Etait-il normal d’être aussi tranquille ? Tout en échangeant, nous traversions le pont des arts, laissant derrière nous les arcanes du Palais et regardant la Coupole de l’Académie …

Bientôt nous arrivâmes chez lui à l’Hôtel de la Monnaie où il réservait une suite à l’année. Quelle suite nous réservait-il ?

Il accueillit son neveu et moi-même de façon plutôt sobre, s’étonnant tout de même de notre venue. Il attendait certainement une plainte ou une question de notre part. Nous lui racontons nos déambulations heureuses, notre compagnonnage de badauds parisiens, et nos interrogations. Les bonnes heures peuvent-elles s’éterniser ? quel prix à payer ?

Il nous regarda longuement mon Minotaure et moi. Nous nous tenions face à lui, toujours bras dessus bras dessous, inséparables. Sans répondre, il se mit à « freudonner» : « La ballade des gens heureux »

« Notre vieille Terre est une étoile

Où toi aussi tu brilles un peu

Je viens te chanter la ballade

La ballade des gens heureux

Je viens te chanter la ballade

La ballade des gens heureux »

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