L’ange – Cher hôte de passage, puisque vous voici sur le seuil, prêt à poursuivre le voyage, choisirez-vous la voie des airs – de l’avion, de la libellule ?

L’ange – Et pour la hauteur, la destination ?

Elle – Il ne s’agit que d’un bout de chemin…

Elle – …

L’ange – Puisqu’on vous octroie quelque temps, l’avenir est entre vos mains. Que diriez-vous d’une randonnée souterraine : le labyrinthe des sources ?  Imaginez, in fine, votre apparition.

Elle – Brillant final !

L’ange – Il faut savoir prendre des risques… Et l’on se plaît à explorer les profondeurs, les trésors de la terre : ses gemmes, ses cavités, les dépôts du passé, la promesse magmatique des renouveaux…

Elle – …

L’ange – Il est aussi l’eau des océans et les fougueux transatlantiques ; ou l’eau douce, peut-être plus conforme à votre nature : la barque, la péniche, et le tendre reflet des berges à contempler d’une lente cadence…

Elle – Oui, et se pencher : l’aventure d’une métamorphose…

L’ange – …

Elle – Éprouver sa fluidité, ondine devenir ou nymphe des eaux…

L’ange – Viendriez-vous du Moghol pour prétendre au vagabondage des âmes ? Auriez-vous goût d’éternité ?

Elle – Et encore, au crépuscule chatoyant de promesses, de la barge aux hirondelles, toutes nous envoler…

L’ange – À la passée – l’heure de l’affût.

Verve saltimbanque

À leur passage

Ils te font signe.

Tu les retiens

Promesse entre tes paumes.

Et tu es maintenant

Cette conque

Qui résonne

De leur présence.

Les autres mots s’en sont allés

Dissipés dans le bruit du monde.

Il se fait tôt, il se fait tard.

Un seul carillon t’accompagne

Sans trêve.

Tu es patiente

Avec ces mots,

Méticuleuse.

Tu explores

Le nid de leur chant

Le creuset de leur histoire

De leur image.

Au hourdis se mêle l’ardoise fine

Et des brindilles et des rameaux

– Pot-pourri hasardeux des origines !

Tu entonnerais bien leur légende

À l’unisson :

Vols d’usage, prouesses d’envergure

– Et le conte du rare, de l’hapax,

Du moderniste au coeur las.

Minutieuse,

Tu cartographierais leurs voyages

Leurs migrations

À l’épreuve des climats, des accents

– Ces contingences.

Car ces mots-là

De très loin

Ils sonnent

Ils chantent et carillonnent

Et toi, tu es leur abri de passage

(In La filature)

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