La lumière est à l’intérieur

le jardin sous les doigts

la douceur de l’écoute

le miracle des mots entre peau et papier

le chat miaule faiblement

le crissement de ses pas sur le plancher

est effleurement d’une pensée

sa présence silencieuse embrasse nos souvenirs

toi tu fermes la porte

parce que tu mets de la musique

et ne veux pas troubler le cours des mots

le chat s’assied longtemps devant ta porte

peut-être écoute-t-il la musique qui est en toi

moi la lampe penchée sur les mots

est ma compagne de solitude

la page dessous je l’entends murmurer l’ombre de ma main

*

Le voici démarche hésitante de vieux chat

faisant le tour de nos présences

marquant des haltes dans son mouvement

regardant autour de lui non des yeux mais de l’âme

son regard on ne le croise pas

il est en nous

la longue habitude scelle les souffles

accorde la distance du souvenir

c’est du fond de nous-même

que le tendre animal nous regarde

déchiffre les orbes de nos yeux

modèle nos présences à la forme de son attente

toi pendant que tu prépares le thé

la fenêtre sur le ciel est ton miroir

le chat s’est endormi sur la table

dont pour honorer ton amour il a fait son ciel

*

Ronde lente des heures

des pas marquant les heures

enroulements du corps

silence qui bat la tempe

le chat toujours plus silencieux

en retrait dans le souffle

dans la volupté du souffle

toujours plus ancré dans l’origine

miroir qui nous réunit

de cette présence de l’animal

ces yeux scrutant l’instant

ce regard s’élevant à la pensée

on ne sait ces yeux en nous

ce qu’il regardent

caressent de leur lumière

effacent de l’oubli qui la porte

*

La porte que tu avais fermée

tu l’entrouvres pour faire entrer le chat

venu y frapper d’un miaulement retenu

un murmure pour que tu l’entendes

il aime à venir dormir près de toi

quand tu poses les gestes de ton silence

toi tu as besoin de cette respiration

elle t’aide à retrouver l’enfant qui est en toi

j’entends ta main pinceaux et doigts

j’entends le silence de l’animal endormi

c’est sur ce silence que tu peins

de ce souffle que tu tires force

moi je t’écoute peindre

le crissement du pinceau devient ma voix

je parle par ton silence

par cela que de ton silence tu fais voix

*

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