(Matière Noire)

Il s’est approché de la falaise.

Une poussière ocre filtrait les pans de lumière à l’horizon.

Parfois, il se demandait ce que cachait la lente arrivée du crépuscule. Était-ce le signe de l’attente qui était sienne ?

Cette façon, la sienne, d’écouter le silence entre les notes de musique, de pénétrer ainsi dans un espace où les vibrations s’amplifiaient.

Cette façon, la sienne, de s’allonger, la nuit, sur la pierre plate, pour fixer, les yeux écarquillés, la trace gélatineuse de la Voie Lactée.

Il connaissait depuis longtemps l’écoulement scintillant des étoiles dans l’obscurité absolue du monde.

Pourrait-il expliquer, à supposer que cela lui fût demandé, ce rapport entre son corps, le sien, dont il mesurait la dérisoire petitesse et l’infini déploiement de la galaxie ?

Une chose était sûre, c’est qu’à l’instant même où la nuit approchait, il entrait dans un mouvement qui le plaçait, lui, après un si long chemin, à la place exacte de la vie où il serait question de sa mort.

Il s’est approché jusqu’au bord du gouffre. Une brume légère masquait l’aspérité des roches.

De grands oiseaux s’engageaient dans leur vol nocturne.

Il sentait sur les épaules le souffle de la nuit.

Il se tenait debout contre le ciel.

Lorsqu’il aperçut sur la pierre plate l’ombre portée de l’Aigle, il sut que le fil des jours et des jours se tendait jusqu’à la brisure.

Il prit son élan.

l’ Aigle le saisit dans un grand battement d’ailes.

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