Le verbe : Arrête de me suivre tout le temps !

 

L’adverbe : Je ne te suis pas tout le temps, souvent je te précède…

 

Le verbe : C’est cela, invariablement tu es partout, une vraie déferlante…

 

L’adverbe : Je suis là pour te mettre en valeur…

 

Le verbe : N’importe quoi ! Plus que… moins que… autant que… Si je cours, par exemple, je n’ai cure de savoir si je cours plus vite ou moins vite que quelqu’un, je cours, un point c’est tout !

 

L’adverbe : C’est un peu court ton explication, nécessairement tu cours d’une certaine manière, après quelqu’un, dans une direction, pour faire du sport, enfin pour quelque chose…

 

Le verbe : Tu as raison, je cours pour te semer et retrouver ma plénitude. J’en ai assez d’être toujours augmenté, diminué, amoindri, compté, contrarié, précisé par ta présence… Lâche-moi le syntagme et laisse libre cours à tous mes sens !

 

L’adverbe : Quoi, tu me trouves envahissant ?

 

Le verbe : Je te trouve dispersé, surtout. Tu es partout, on ne peut rien faire sans que tu mettes ton grain de sel… La mouche du coche… Tu te complais trop souvent dans l’excès. Quand je pose mon action, sobrement, avec justesse, tu viens me titiller comme si je ne pouvais agir seul.

 

L’adverbe : Quelle prétention, tu te prends pour Dieu ?

 

Le verbe : Non, j’aspire à être poète (mais peut-être ne suis-je que verbeux) ! Retire le verbe d’une phrase et elle perd son sens. Sans l’alchimie du verbe, point de beauté. Le verbe « aimer » se suffit à lui-même. Qu’apporterait de le précéder ou le compléter d’un adverbe ? Ton intervention n’est guère utile.

 

L’adverbe : Alors tu n’es pas poète, mon cher ! « Je vous aime exactement », n’est-ce pas la plus belle déclaration d’amour qui soit ? Je vous aime… exactement : si tu prononces ces mots en laissant un temps entre le verbe et son adverbe, l’association est d’une force incroyable, d’une poésie remarquable. Ne suis-je pas réhabilité de la plus belle façon par cette phrase de Daniel Pennac dans « la petite marchande de prose » ?

 

Le verbe : Magnifique ! Je te concède ce point, dans de rares cas tu magnifies le verbe et surtout le sujet qui en est destinataire. Cependant, il ne faudrait pas en abuser…

 

L’adverbe : Je ne suis aucunement responsable des abus de la langue adverbiale !

 

 

 

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