D’un jet d’air, j’assemble ma peau et me précipite vers un concentré d’horizon. Le souffle me tient lieu de statut. Entre l’enfance qui grandit et l’âge qui attend, la frontière est dense et parfaitement inenvisageable. J’essaie mes ailes pour atteindre le point de fuite. Le monde ne serait-il qu’un souvenir, effacé par le temps dans sa soif d’heures ? Je travaille à cet instant qui côtoie et contient les plus belles œuvres de nos émanations. Combien l’Arbre de vie compte-t-il de solitudes incertaines peuplées d’aventure immobiles. Le trait me souffle la fuite vers les abimes primordiaux où la Parole a échoué, portée par tant de fragments de nous-mêmes. Comment dire le secret, polir la vérité qui me courtise, saisir le vertige qui me hisse ? Le ciel n’est plus très loin. Je l’ajoute à mes souvenirs et imprime sur sa toile la copie du monde avant disparition. Je fuis là où mon cœur me répand où la chair m’énigme. Le Mystère m’érige dans la lente convulsion de la fuite. Je vibre au ralenti dans la course des sphères où les mondes se déposent. J’emporte les archives, dans le prodigieux accroissement des cercles là où le temps de viendra plus les chercher. Aux bordures, aux racines inachevées, je sens monter ma peau, prière lucide dans la cérémonie de la lumière. Comment conclure l’élan ?

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