Il y a des plages de silence, qui parfois durent. Les mots sont aux abonnés absents. Ils mènent leur vie in petto, ils s’en donnent à cœur joie même, mais refusent de sortir, ils préfèrent rester à l’intérieur et m’avoir sous leur contrôle, ce sont des motsmaux.
Ils s’imaginent peut-être qu’en passant le seuil, en franchissant la frontière du dedans vers le dehors, ils perdraient de leur force, de leur influence.
Ils croient sans doute qu’en étant exposé au regard des autres, ceux de l’extérieur, ils ne seraient pas pris au sérieux. Alors qu’à l’intérieur, ils sont les maîtres du jeu, les motsmaux.
Il est vrai que passer la frontière et aller à l’extérieur c’est prendre le risque de changer de statut, de passer de motsmaux à mots tout court.
Il y a quelque chose à perdre car on n’est plus seul à régner, il y a d’autres mots dits et écrits par d’autres, on n’est plus dans l’entre soi qui tient chaud et alimente la pompe à motsmaux.
Quand on est sous l’emprise des motsmaux, on pense que la partie est terminée et que plus jamais les mots ne pourront s’exprimer à l’extérieur, être dits, écrits, entendus et lus par d’autres.
Et puis, parfois, sans prévenir, la frontière s’entr’ouvre, tout redevient possible alors, jusqu’à ce que…

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